bad boy

Le charme mystérieux des rockeurs… Fait moi mal Johnny!

Ça crève les yeux, les bad boys ont du succès! Quel que soit notre statut social ou notre génération, nous avons eu un faible pour eux. Nos mères se sont pâmées devant Marlon Brando et James Dean, et,  par les temps qui courent, Ryan Gosling, Bradley Cooper et Daniel Craig font des ravages… Non mais… Qu’est-ce qu’on leur trouve?

Nous ne nous sommes jamais vraiment arrêtées pour réfléchir à la question, mais les bad boys ont et de toute évidence quelque chose que les autres n’ont pas. Véritables symboles de virilité primaire, au premier abord, ils promènent un look d’enfer (perfecto, boucles d’oreilles, barbe de trois jours, cheveux longs) qui devrait nous faire fuir à toutes jambes. Mais non, nous sommes plusieurs à rester là… déjà séduites, nos sens sonnant l’alerte rouge. Même si la plupart d’entre nous ne s’engageraient pas avec un type pareil, nous les regardons de loin en souriant, aussi émues et troublées que les autres. Même les moins beaux attirent de très belles femmes. Fruit défendu, petit grain de fantaisie, anticonformisme, le bad boy compose un cocktail assez excitant. À qui le dites-vous!

Rappelons-nous la liaison de cette femme, campée par Louise Portal, dans Le déclin de l’empire américain. Journaliste, belle et cultivée, elle décrit à une de ses amies sa rencontre avec un type un peu sado (Gabriel Arcand). Elle entretient, tout au long du film, des liens torrides et brutaux avec lui. Elle finit même par décider de tout quitter pour le suivre on ne sait trop où. L’aventure… c’est l’aventure.

James Dean

James DeanFaisant certes partie de celles qui ont un faible pour ce type de  » mâle « , France a connu un passé trouble au cours duquel elle s’est amourachée d’une ribambelle de matamores. Pensive, elle évoque les liens qui l’ont unie à des hommes du genre voyous. « Mon premier amour s’appelait Frank. Je l’avais aperçu dans une salle de billard de mon quartier. Coup de foudre. J’avais 14 ans et lui 10 de plus. II habitait avec une femme que je surnommais la vieille parce qu’elle avait 25 ans, s’esclaffe-t-elle. Nous avons été ensemble pendant deux mois. Quand il a insisté pour me présenter à sa mère, il a commencé à moins m’intéresser. Moi, je préférais les bad boys pour leur marginalité et les risques qu’ils prenaient. Ça me ressemblait davantage. » Pourtant, elle n’a eu d’engagements sérieux avec aucun d’entre eux. Ils ont surtout été des amis ou des amants, tous très attachants.

Aujourd’hui, France vit une belle histoire d’amour avec un Européen, qu’elle qualifie de bad boy recyclé.  » II a toujours été marginal et il demeure profondément réfractaire à la routine. II est toutefois sorti du syndrome de la destruction, et il n’a plus rien à prouver en s’affichant comme un rebelle. II a fait la paix avec son passé et a repris les rênes de sa vie. II respire l’équilibre », dévoile-t-elle, tout sourire. De toute façon, France sait bien qu’elle ne serait pas à l’aise avec un homme pantouflard qui ne comprendrait rien à sa nature fougueuse.

Anatomie de l’attirance

Le double standard dans l’éducation des hommes et des femmes expliquerait en partie l’irrésistible attirance que les bad boys exercent sur nous. Depuis toujours, les hommes ont le droit de s’amuser, de partir à l’aventure. Le plaisir a été interdit aux femmes pendant des millénaires, donc, lorsque nous sommes en présence de cette énergie, c’est comme si on appuyait sur le bouton des envies réprimées. Une fois en marche, la machine est difficile à arrêter. Dans la culture occidentale traditionnelle, les femmes devaient être plus raisonnables. Rentrer tôt, aider leur mère, avoir de bons résultats scolaires. Les garçons ont toujours eu (et ont encore) plus de liberté que les filles. Quand nous arrivons à l’adolescence, il peut être très attirant d’avoir un partenaire qui nous permette de faire les 400 coups. Le côté « enfant libre » du voyou sécrète donc un puissant pouvoir.

Les psychologues vous le diront, tout le monde cache un petit côté rebelle. La femme qui, par choix ou obligation sociale, n’exprime pas cette facette de sa personnalité peut choisir, consciemment ou non, un type d’homme qui lui permettra de vivre les interdits, si l’on peut dire, par procuration. Cela l’aide à dépasser le conformisme de son quotidien. Ainsi, la nature de son conjoint lui permet de goûter aux splendeurs et misères de la vie de voyou, sans en être la protagoniste principale. Dans certains cas, il peut s’agir d’une rébellion contre les valeurs bourgeoises traditionnelles, trop rigides. En choisissant un conjoint marginal et bohème, la femme entre en réaction contre le système. Souvent, celle-ci a un père intelligent, admiré, et doté d’un grand charisme. Elle recherche alors un conjoint à l’opposé de son père. La plupart du temps, les bad boys sont très attachants. Blessés par la vie, ils dégagent des vibrations tendres et amoureuses. Selon les spécialistes, ça titillerait notre fibre maternelle et exciterait notre côté sauveur.

Louise est secrétaire et a une fillette de huit ans. Grande amoureuse de la vie, elle a toujours eu la bougeotte et sillonne les routes en France dès que l’occasion s’en présente. « Je sortais d’une relation de huit ans, et j’étais à quelques jours de mon premier voyage en avion que je préparais depuis un an. J’étais allée aider ma copine à repeindre son appartement. Le copain d’un copain était là aussi. » Instantanément, Louise a été fascinée par les muscles de ses bras qui bougeaient à chaque coup de pinceau.

Mince, athlétique, portant barbe et bottes de construction, il avait une démarche bien particulière. « II paraissait dur, mais à l’écouter parler, je le découvrais tendre, et c’est ça que j’ai voulu aller chercher, raconte-t-elle. Une petite voix me disait « il n’est pas pour toi », mais je ne l’ai pas écoutée. On a passé trois jours au lit, et s’il m’avait demandé de ne pas partir, je serais restée. II m’a téléphoné dès mon retour de voyage. C’était un amant merveilleux; je me levais le matin et j’avais déjà hâte de me recoucher le soir. »

Auprès de lui, Louise se sentait belle, rayonnante. « J’avais l’impression qu’il n’était comme ça qu’avec moi. J’ai eu envie d’avoir un enfant, et un an et demi plus tard j’étais enceinte.  » Au début, il la suivait partout, mais après un certain temps, il a préféré aller jouer au foot avec ses amis. II prenait sa voiture pendant qu’elle attendait à la maison.  » II ne travaillait pas, il disait chercher du travail mais je ne suis pas sûre que c’était vrai.

1bad boy golsingQuand notre fille est née, j’ai vu que la réalité ne collait pas au rêve. II complimentait beaucoup les autres femmes et ça commençait à m’agacer. » C’était un séducteur, accroché aux conquêtes. II l’a quittée deux fois pour une autre femme. « J’ai réussi à le ramener. Je continuais à l’aimer, mais je rampais quasiment; c’était pénible. Dès la troisième année de vie commune, j’ai dû le quitter. » Louise pense que cet échec vient du fait qu’ils ne s’aimaient pas vraiment. « C’était de la passion, mais le respect et la confiance n’existaient pas entre nous. J’essayais de le changer, en lui transmettant mon amour de la vie. »

Une vie à toute vapeur

Habituellement, les hommes plus traditionnels misent beaucoup sur leur carrière, leur vie sociale, leurs acquis matériels et ne consacrent à l’amour qu’une petite partie de leur existence. Pas les bad boys. Le temps que ça dure, ils accordent souvent à leur conjointe la première place sur leur liste de priorités. Les femmes sont généralement très valorisées avec de tels conjoints. Pour ces hommes, l’amour est capital.

Monique, ancienne coureuse automobile, a frayé dans les coulisses de la mode comme mannequin et réussit à présent dans l’immobilier. Au moment où sa vrombissante carrière démarrait sur des chapeaux de roues, Monique vivait une relation amoureuse avec un médecin de bonne famille aux moeurs conventionnelles. « À l’époque, un couple ne pouvait avoir deux carrières, et c’était évidemment la femme qui devait sacrifier la sienne, j’ai donc quitté cet homme. »

Sa jolie tête blond platine se dresse pour la suite, qui l’a fait passer d’un extrême à l’autre. « En 1995, j’étais marraine de trois prisons. C’est ainsi que j’ai rencontré ce chanteur qui donnait un spectacle pour les détenus. » À la fin de la soirée, il est reparti avec sa troupe dans le bus du groupe et Monique dans sa audi. « Chemin faisant, ils ont voulu faire une course avec moi, mais le combat était inégal; j’ai arrêté ma voiture pour leur dire qu’ils risquaient de se casser le cou. Lui a accepté d’abandonner la compétition à condition que je lui laisse mon numéro de téléphone. »

Ils ont été ensemble pendant six mois. Pendant qu’il enregistrait un disque à Woodstock, elle courait à Seattle. « Cet homme m’a ouvert un monde que je ne connaissais pas. C’est un poète remarquable, il possède une sensibilité, une passion et une chaleur humaine exceptionnelles.  » Pourtant, Monique ne comprenait pas ses hauts et ses bas, ignorant son problème de drogue. « S’il avait été émotivement plus stable, cela aurait pu marcher.  » Ils sont néanmoins restés en bons termes.

À présent, Monique est amoureuse d’un homme qui lui offre le meilleur des deux mondes. Un batteur de renom qui a pris ses distances avec la musique.  » il connaît la vie de fou des tournées mais ce n’est pas un gars de 9 à 5 avec qui j’aurais de la difficulté à vivre.  » Un autre bad boy assagi, quoi!

Portrait robot

Il y a tellement de types de bad boys et de types de femmes attirées par eux qu’il est difficile d’identifier des profils bien précis. Cela dit, on peut quand même cerner quelques grandes catégories de voyous. Le débraillé sensible, qui, sous une carapace de dur, cache un être tendre, une âme de poète. Le toxicomane aux émotions à fleur de peau, douces et abruptes comme les montagnes russes de ses excès. Le séducteur, très beau gars, qui sait parler aux femmes et qui les courtise d’une manière extraordinaire. Le violent, macho et détestable, qui ne se gêne pas pour battre sa conjointe. Le bandit, qui, dans son milieu, suit des règles impitoyables tout en se montrant souvent doux avec les femmes.

Au temps fort de leur marginalité, la majorité des bad boys ne veulent pas changer. Ce sont les autres et la société, les responsables de leurs blessures, qui doivent changer. Souvent, ils manquent d’ambition et d’estime pour eux-mêmes. Ils peuvent se fixer des objectifs, mais mettent difficilement de la constance dans leurs efforts. C’est qu’ils sont trop pris par leurs émotions pour mener leurs projets jusqu’au bout. Ils ont donc besoin d’une femme pour y arriver. Ayant souvent été privés de véritables liens affectifs dans l’enfance, ils ne ménagent rien pour trouver la femme de leur vie.

Celles qui choisissent systématiquement ce type de conjoint ont quelques particularités semblables. Le manque d’estime d’elles-mêmes dans un domaine ou l’autre de leur vie, par exemple. Ces femmes peuvent avoir beaucoup de confiance en elles sur les plans professionnel ou social mais très peu sur les plans affectif ou sexuel.

Pour celles qui ont un fond rebelle qu’elles n’ont pas pu (ou pas voulu) exploiter, les motivations sont ailleurs. On a vu des femmes d’un certain statut social – avocate, criminologue, travailleuse sociale – qui ont vécu des périodes carrément tumultueuses. Elles ont nagé dans la cocaïne, mené une vie exaltée avec des conjoints « rockers ». Une fois cette période terminée, elles ont repris une existence plus sobre. Les femmes sont un peu plus raisonnables que les hommes. Elles aiment frôler le danger mais pas nécessairement y vivre longtemps. Elles demeurent très dignes dans leur petite vie rangée, mais par le biais d’un conjoint rebelle, elles vivent un peu leur délinquance.

II faut comprendre que les femmes sont des êtres d’émotion et les hommes, des êtres d’action. On ne devrait pas croire les beaux discours qui ne sont pas soutenus par des gestes concrets. À celles qui multiplient les relations malsaines avec des bad boys, on conseille de s’arrêter, de s’accorder une année sabbatique. Vivre une longue période sans relations affectives où on apprend à être soi-même et où on prend conscience dé ses propres forces et faiblesses. Une année où on se forme un réseau de tendresse juste à soi, qui sera un soutien privilégié lors des mauvais moments. Jouer le premier rôle dans sa vie pendant un certain temps permet de cerner ses besoins. Avec un bad boy ou pas, l’objectif d’une relation ne devrait pas être d’aimer l’autre ou de le rendre heureux. Être en relation devrait nous permettre de nous découvrir davantage et par conséquent de développer plus d’amour pour nous-mêmes. S’ils sont charmants et charmeurs, pour peu qu’on le veuille, les bad boys sont aussi des êtres qui peuvent nous apprendre beaucoup sur nous-mêmes.

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